Culture
La consolante, c'est pour le plaisir
Charles Balanda, 47 ans, architecte entre deux chantiers et deux avions, un peu trop gros, un peu trop chauve, un peu trop vieux vit aux côtés d'une femme qui lui échappe et d'une ado en crise quand trois mots bouleversent son insipide existence : «Anouk est morte». Trois mots écrits par son ami d’enfance, Alexis, avec qui Charles est brouillé depuis des années. Anouk, la mère d’Alexis, la femme adorée, la madone de son enfance est morte. Charles vacille puis tombe, hanté par ce passé. Anouk et Alexis étaient ses voisins, ses amis, son autre famille. Avec eux il a tout appris, tout vécu et puis… sont venues les disputes, les faiblesses, l’abandon d’Anouk, et la culpabilité. Charles devient alors l’ombre de lui-même, s’absente, s’oublie, dérive, abandonne. Il décide de régler ses comptes et atterrit dans le Limousin, et par hasard dans la maison de Kate. Auprès de cette femme abîmée et de ses cinq enfants, il réapprend ce que vivre veut dire. Notre enfance, nos rêves et nos amours de gosse, nos parties de billes, c’est bien cela le sujet de La consolante. Où s’enfouissent ces petits trésors lorsque la vie, «cette salope», se charge de nous les faire oublier ? Nous portons leur deuil sans jamais vraiment y renoncer et nos enfants nous permettent d’en retrouver la saveur. Ici, ce sont eux qui font avancer, changer et pardonner les adultes. Grâce à leur regard dénué de duplicité, empli d’amour inconditionnel, grâce à leurs grands éclats de rire qui résonnent très fort et sans gêne, ils les sauvent. Anna Gavalda a du talent, celui de nous faire aimer ses personnages fantasques, simples, durs, beaux ou pas, complètement cassés à l’intérieur. De toute façon, « ça n’existe pas des gens pas amochés » dit-elle dans Elle (10 mars 2008) et c’est plus intéressant. Délicatement, elle les prend, les caresse, les répare, les arrange, les aime. Et nous avec elle. J’oublie alors sa syntaxe qui m’agace parfois, ses énumérations d’une page et les quelques moments d’ennui, parce qu’une larme a perlé au détour d’un paragraphe, parce que j’ai étouffé un fou rire dans le train, parce que cela sonne juste. La consolante qui tire son beau nom « d’une partie de pétanque sans enjeu, sans compétition » se lit comme ça : simplement parce que « tout est histoires » et qu’elle sait très bien les raconter. Anna Gavalda, La consolante, Editions du Dilettante
640 pages de tendresse, d'humanité, de pourquoi, de faux pas, de non-dits et de trop-dits, de vie quoi ! 640 pages de pur Anna Gavalda. 
Tous les articles Culture »
Les commentaires Posté le 01/04/2008 à 12:07:13 par cateblanchett
je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part...
(j'adore cette phrase si culte...)j'ai hate de lire ce nouveau roman, j'aime beaucoup son style
ben ecoute en tant que grande fan d anna gavalda j'ai ete un peu déçu par son dernier opus.. peut etre ensemble c'est tout m'a trop marqué, je sais pas...
Comme toi j'ai tout de même préféré "Ensemble c'est tout". Certains passages de "La consolante" m'ont semblé longs... Mais elle garde son style et cela m'a ému une fois de plus ! Si elle revenait à des textes plus courts, l'émotion serait resserrée et du coup plus intense. D'ailleurs, "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" reste pour moi son meilleur livre. Peut-être recommencera-t-elle à écrire des nouvelles !
ah oui moi aussi, j'étais fan de ses nouvelles. "Ensemble c'est tout", j'ai trouvé ça presque too much au final, limite gnangnan, mais bon j'avoue l'avoir lu d'une traite...















merci pour ce point de vue, je me tatais à le lire, tu m as convaicu!